L'EGLISE de St SYMPHORIEN sous CHOMERAC

 

 Saint SYMPHORIEN sous CHOMERAC et son EGLISE

 

 

Tout laisse à penser qu'en 4000 (?) avant JC, l'emplacement actuel de l'église avait déjà un caractère religieux.

 

En effet, les éléments caractéristiques des lieux de culte sont réunis au sommet d'une éminence, isolé de l'habitat et en présence d'une source.

  En 121 avant JC, les romains édifient un temple gallo-romain (des vestiges attestent sa présence).

Elle fut probablement construite sur le temple de la riche villa rustique dite « Ste Colombe » à Baix

 

 

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     Il y a quelques années St Symphorien sous Chomérac n'existait pas.

     Le petit village qui étire ses hameaux au soleil entre le Gras et la Payre s'appelait St Symphorien d'Ozon. C'était plus joli. Les habitants étaient plus nombreux aussi. Maintenant il y a, hélas, beaucoup de maisons en ruines.

     Au centre du pays, la vieille église dresse sa carrure massive aux murs épais, bâtis en pierres calcaires régulières et percées de fenêtres étroites. Elle était anciennement  entourée du cimetière. C'est certainement parmi les maisons les plus anciennes du pays la mieux conservée.

      En effet la première mention de l'église est faite en 1112 dans les archives. Cette année-là, elle fut donnée au prieur de Rompon. Le prieur était un religieux qui faisait fonction de curé de la paroisse. L'église de St Symphorien existait donc déjà au début du XIIe siècle.

     On ne sait rien sur la paroisse pendant les trois siècles suivants. Vers 1560 commencèrent dans la région les guerres de religion. Catholiques et protestants, chacun croyant servir la bonne cause, se livrèrent à ce moment-là une guerre sans merci.

Eglise 2

     Il y eut de nombreux massacres et de nombreuses ruines dans les édifices religieux. C'est ainsi que l'église de Saint Symphorien fut en partie détruite en même temps que l'église de Saint Lager et celle de Bressac. Et tous les habitants de Saint Symphorien devinrent protestants.

      Nous trouvons, en effet, en 1583, dans une enquête du vicaire général du diocèse de Viviers, Nicolas de Vesc, le texte suivant : "Le consul Jacques Prat et les notables de St Symphorien déclarent : depuis plus de vingt ans, il ne s'est dit aucune messe dans la paroisse, ni dans les paroisses voisines. Par  conséquent le prieur et le curé n'ont pu y résider. Tous les habitants sont de la religion prétendue réformée sans qu'il y ait un catholique. Quant à l'église, elle est en ruine comme tant d'autres"

      Cet état de chose dura longtemps. Cinquante ans plus tard le curé de Baix, Monsieur Riffard, écrit à l'évêque de Viviers : "J'ai fait le service divin à St Symphorien depuis plus d'un an. Les ministres huguenots s'introduisent dans l'église.

      Puis vint la grande tourmente révolutionnaire de 1789. L'église fut mise à la disposition de la nation. C'est à dire qu'elle servit à tout autre chose qu'aClocheroct57 1u culte; les révolutionnaires n'y laissèrent que des ordures et d'autres ruines, les meubles et les ornements furent pillés et détruits. Ce qui explique qu'on n'y fit plus le service divin pendant un demi-siècle. Ce n'est qu'en 1846 que l'église fut rendue au culte; mais il fallait la réparer. C'est à cette époque qu'on construisit le chœur et les deux chapelles latérales. Il fallait la meubler: les catholiques fournissent l'argent pour les chaises, les ornements et autres meubles de l'église.

      On dut employer du mauvais matériel pour la bâtisse, car en 1873, le Conseil Pastoral se réunit à la cure et fait le point sur l'état de l'église : " L'église de Saint Symphorien a depuis quelques années la voûte de la nef et du chœur, les murs et les voûtes des chapelles, remplis de crevasses qui donnent des craintes pour l'avenir. Ces crevasses en s'élargissant et en se multipliant, ont fait tomber en bien des endroits le crépissage intérieur et dégradé en beaucoup d'autres les murs et les voûtes. Les murs de l'église, enterrés de plus d'un mètre au-dessus des fondations dans le cimetière, rendent humides l'église et la sacristie, et cette humidité devient une cause de dégradation pour les murs et le mobilier de l'église et de la sacristie."

      Malheureusement et comme toujours, la paroisse n'a aucun fond disponible pour faire ces réparations; elle est même en déficit. La commune sollicitée répond le 23 novembre 1873 qu'elle n'est pas plus riche. On propose d'attirer l'attention du Préfet et du gouvernement sur cet état de chose. On dut avoir une réponse favorable car le crépissage intérieur et le dégagement du mur furent exécutés.

En 1906, la loi de séparation de l'Eglise et de L'Etat donna lieu aux douloureux Inventaires. A St Symphorien , cette opération se passa dans le calme, mais non sans une énergique  opposition du curé et des membres du Conseil Paroissial  de l'époque dont un des membres habite toujours à Brune (NDLR : en 1957). Le receveur des domaines fit le compte de tout ce qu'il y avait dans l'église, même des plus petites choses.

      Depuis tout a été à peu près calme à St Symphorien.

 

 

 Intérieur de l'église

 

     Au-dessus de la porte d'entrée, on voit deux vitraux sans grande valeur et en très mauvais état. Un petit campanile domine l'église et abrite une petite cloche datée de 1680.

      Le crépissage des murs intérieurs de l'église recouvre certainement les belles pierres primitives; nous avons vu la raison de ce crépissage.

      Au fond du chœur, un immense tableau, don probable de Napoléon III, représente St-Symphorien, le patron de la paroisse.

      Le maitre-autel en marbre blanc fut installé dans l'église le 26 septembre 1862. Il a été sculpté à Valence et payé  par souscription des catholiques. La magnifique garniture d'autel, la croix et les six chandeliers, en bronze doré, est un don de Napoléon III. L'impératrice a donné également à l'église un ornement doré. Deux autViergeoct57res autels en marbre blanc, un dédié à la Sainte Vierge et l'autre à St Joseph ornent les deux chapelles latérales.

      Au-dessus de la table de communion en fer forgé, il y avait autrefois une chaire qui a été enlevée à l'occasion d'une restauration. En face de la chaire, il y avait aussi une grande croix en bois avec un  Christ en plâtre. D'après les bons renseignements d'un témoin oculaire alors enfant de chœur, cette croix fut offerte à Mr l'Abbé Prévost, curé de Saint-Symphorien de 1872 à 1893, par souscription des catholiques. Mr l'Abbé Prévost étant mourant quand la croix arriva; il demanda d'embrasser cette croix avant de mourir. On la lui porta sur son lit; il avait voulu voir le cadeau de ses paroissiens avant de partir pour l'éternité.

      Le chemin de croix, tout à fait modeste, a été érigé en 1846, lors de la reconstruction de l'église, par Mr le curé de Chomérac, Mr l'Abbé Neyrand d'Hautségure. Pour 330 francs, et donnés par le gouvernement, on achète l'harmonium en 1883.

      Le bénitier à l'entrée de l'église est en pierre blanche; il a subi des fractures, probablement à la révolution.

  Fontbaptoct57    Et nous arrivons à la pièce principale de l'église, celle qui pose problème sur son ancienneté : les fonts baptismaux.

 

     Ils sont en pierre blanche, en forme d'œuf, surmontés d'une boule, le globe du monde, le tout surmonté d'une croix. L'œuf, symbole de la vie, vie qui commence au baptême, vie qui est faite pour que nous soyons apôtres et portions la bonne nouvelle de la religion par toute la terre. La terre est surmontée de la croix car le Christ est le roi de la terre.

 

     Le triangle au-dessus de la porte des fonts baptismaux est le symbole de la Trinité.

 

      Sont-ils très anciens ? Leur facture assez grossière les situe au moins au XIIe siècle, peut-être même avant. Pourtant le socle qui les supporte a une inscription latine qui signifie : "Placé sous le pastorat de Charles le Pescheur en l'an 1735".

 

      Ce qui ne prouve pas qu'ils aient été faits à cette époque. Seuls les archéologues peuvent résoudre ce problème.

 

      Ce Charles le Pescheur était un curé de St Symphorien; il y mourut le 21 avril 1749, âgé de 80 ans. Ce fut certainement un curé très vénéré de ses paroissiens, car on l'enterra dans l'église même.

 

      Un de ses successeurs Pierre Rieu mourut très jeune ,à 38 ans, en 1769. Il fut enterré dans le cimetière, en face de la porte d'entrée de l'église.

Le dernier curé résidant à St Symphorien fut M. l'abbé Moynier, ancien curé de St Lager-Bressac. Il se retira à St Symphorien à cause de ses infirmités ; il y mourut en 1917.

 

     Depuis 900 ans au moins, notre paroisse de St Symphorien existe. Vos anciens ont rebâti l'église, ils l'ont meublée. Continuez à entretenir votre ancienne église. Les révolutions et les orages ont passé sur elle, elle est toujours debout.

 

 Ce texte est tiré de la revue n° 4 "La Voix" d'octobre 1957 - Aucun nom d'auteur n'y figure.

 

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UNE EGLISE CHARGEE D’HISTOIRE

 

Dominée par l’aride plateau des grads, l’église de Saint symphorien-sous- Chomérac ne se distingue ni par l’importance de son bâtiment, ni par sa position plutôt excentrée par rapport aux différents hameaux de la commune.

Presque par hasard, le promeneur découvre ce lieu chargé d’histoire

Tout laisse à penser qu'à l'époque néolithique (soit en Ardèche 4000 ans environ avant Jésus-Christ), ce lieu a déjà établi son caractère religieux. Idéalement situé au sein d'une famille géologique, au sommet d'une éminence, isolé de l'habitat, entouré d'une chaînée et pourvu d'une source, l'endroit réunit tous les éléments caractéristiques aux lieux de culte des hommes préhistoriques.

 Les Helviens suivirent et les Romains (121 av. J.C.) y édifièrent un temple gallo-romain desservant la villae dite « de Sainte-Colombe » proche de Baix.

 De nombreux vestiges attestent sa présence : tuileaux (morceaux de tuiles romaines) remplois divers. Plus curieux, la présence sur la façade ouest de la chapelle de la Vierge, de la tête de Mithra et de la double tête de Janus.

 Etablis ici depuis le milieu du IIième siècle, d'abord persécutés, les chrétiens ne manquèrent pas, avec les édits de Constantin le Grand (315) puis de Théodose (392) d'investir l'édifice.

 Au IVième ou Vième siècle, les disciples de St-Martin-de-Tours, mécontents du paganisme persistant des campagnes placèrent la jeune paroisse sous le patronage de Symphorien. Martyrisé à Autun vers 179 pour avoir refusé de saluer Cybèle, déesse des moissons. On pensait que son exemple contribuerait à faire cesser les désordres religieux de cette époque. La communauté se nommera ainsi St-Sym-phorien-de-Senac (d'après Columbi). En 1112, l'Evêque de Viviers, Léger, fait donation de ce lien au Prieuré St-Pierre-de-Rompon, dépendance de l'abbaye bénédictine de Cluny. Les moines y édifièrent alors une chapelle dans le style roman, construction simple de forme rectangulaire. La façade ouest a conservé son appareil de pierres, orné d'un double arc relié par une colonnette.

 La tourmente des siècles Incertains

Quelques siècles écoulés, avec tous les aléas de ces temps agités : guerre de 100 ans, peste... la réforme calviniste se répandit rapidement. En 1563, au cours d'une inspection de Nicolas de Vesc, Vicaire général, le Consul Jacques Prat et les notables informèrent leur visiteur de ce qu'il n'y avait aucun catholique dans la paroisse et qu'il ne s'y était dit aucune messe depuis 20 ans. Le bâtiment avait ainsi échappé à une destruction probable.

 A la Révolution, l'église fut fermée. Le cimetière catholique, désaffecté en 1875, restait lieu de sépulture. La cloche, datée de 1680, protégea l'immeuble. Elle fut en effet épargnée de la fonderie parce qu'elle était nécessaire pour sonner le tocsin. Un décret de cette époque établissait en effet officiellement ce moyen de communication. Ce décret n'a jamais été abrogé ,toujours en vigueur actuellement, n'en déplaise au téléphone et à Internet !

 Le culte ne fut pas rétabli par le Concordat de 1801. Napoléon 1er confia alors l'édifice à la communauté protestante en 1808. Elle y pratiqua quelques réunions. On y enseigna le catéchisme réformé.

 Après la construction du temple de Brune inauguré fin 1836, l'usage du bâtiment fut repris par les catholiques. Une ordonnance du roi Louis-Philippe du 31 mars 1844 érigea l'église en « succursale » mais ce n'est qu'en 1980 que le bâtiment fut officiellement réhabilité comme lieu de culte de l'Eglise catholique.

 Des ajouts importants, deux chapelles et un chœur transformèrent la chapelle des moines (69 m2) en église croix latine de quelque 100 m2. Les adjonctions furent bâties avec des galets de lave noire provenant de la rivière voisine de la Payre et roulés depuis les hauteurs volcaniques du Coiron. Leur couleur contraste avec les moellons de calcaire extraits du massif des Grads de la partie ancienne.

 L'intérieur présente également un contraste saisissant avec l'extérieur. La nef, voûtée en berceau semble très haute. L'arc de gloire considérable. Une lumière singulière qui porte au recueillement tombe dés étroites fenêtres romanes.

Les fonts baptismaux, datés de 1735 (classés aux Beaux-Arts) font partie des rares exemplaires conservés. Ils sont incrustés dans le mur de pierres matérielles, de l'église comme seront les baptisés, pierres vivantes de l'Eglise. La forme ovoïde surmontée de la sphère terrestre peut signifier la fécondité universelle.

 Parmi le mobilier, on note la présence d'un reliquaire de St-Régis et d'un tableau malheureusement très dégradé de St-Dominique. Un autre tableau représentant le martyre de St-Symphorien orne le fond de l'abside.

 La toiture comme à l'origine sans charpente et constituée de lourdes tuiles « au genou » a été rénovée eni 1985. L'édifice étant classé « monument ancien », les travaux ont été exécutés sous la direction vigilante de l'architecte des Monuments de France. L'érection du campanile, arcade dominée par une élégante croix date du milieu du XXème siècle.

 En dehors de quelques célébrations,  l'église n'est pas actuellement ouverte au public.

 

Mado Bégnis en étroite collaboration avec Roger Marius (+), de St-Symphorien-sous-Chomérac

 

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SAINT SYMPHORIEN de SENEC

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SAINT SYMPHORIEN EN ST ALBAN

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Date de dernière mise à jour : 19/11/2017

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